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Portrait de Raphael Martzloff

22 janvier 2009 - 00:00

Défenseur central du FCE Schirrhein-Schirrhoffen, Raphaël Martzolff est le sage de la bande. Parfois, pourtant, il s'accorde consciemment quelques instants de folie douce.
Il était une fois Raphaël Martzolff. C'était il y a huit ans, il jouait en DH à Steinseltz après avoir longuement fréquenté les vestiaires du FR Haguenau. Et puis, il s'était vilainement blessé : ligaments croisés du genou droit.
Huit mois plus tard, juste après sa guérison, le même genou avait encore craqué. Re-belote et presque dix de der. « Ça faisait beaucoup. On se dit que jouer à un bon niveau est de l'histoire ancienne, explique-t-il. Mais je ne voulais pas tout arrêter. En fait, avec quelques copains, jeunes comme moi, on voulait retourner au village pour essayer de remonter le club qui était en Division 3 départementale. »

Dans le bus des joueurs
du FR Haguenau pour
être avec Raphaël


Pour de petites querelles de clocher si typiques de l'esprit alsacien, Raphaël Martzolff ne rejoindra pas l'ES Morsbronn-les-Bains. « Finalement, je n'en veux à personne », sourit le défenseur central.
Privé de son village, il signera à Schirrhein. « Le club évoluait en Promotion d'Excellence. Même si je descendais de quelques divisions, j'y suis allé. »
Il mettra du temps à s'imposer. Il avait pris du poids et disputera cinq matches en... deux saisons. Et puis, un jour, profitant de la vacance du poste, il deviendra indispensable au coeur de la défense schirrheinoise.
Dans ces temps difficiles, ses parents (Kathy et Denis), qui suivent tous ses matches « même à l'extérieur », et son épouse Nadia l'épauleront. « Je l'ai connue quand j'avais quinze ans. Nous nous sommes rencontrés en Italie, dit-il avant de rigoler. Enfin, c'était à Rimini. C'est une annexe de l'Alsace l'été venu. »
Il est de Haguenau, elle est de Wissembourg. « On ne se voyait que le week-end. Quand je jouais au FRH en « 15 ans » Nationaux, pour passer plus de temps ensemble, elle faisait les déplacements avec nous dans le bus, sourit Raphaël Martzolff. Elle s'est passionnée pour le foot par amour. C'est beau, non ? »
Treize ans plus tard, ils sont mariés et madame (et ses parents) assiste aux matches de son époux.
« J'ai l'impression de revivre ce que nous avions vécu quand nous nous sommes connus. Entre le travail, le stage en Allemagne et les entraînements, on ne se voit pas beaucoup. Et ce qui te nourrit chaque jour, te fait gagner ta croûte, c'est pas le football. Ça, je ne le perds surtout pas de vue. »

« J'ai même fait
un tacle à Nadia
pendant mon sommeil »


Pourtant, parce qu'il est trop occupé à penser foot en ce moment, qu'on le sollicite de part et d'autre, le conducteur de travaux qu'il est a préféré prendre des vacances cette semaine.
« Par correction pour mon employeur, pour être tranquille aussi, j'ai pris cette décision. Il est difficile de tout concilier quand tu vis ce que nous vivons. Tu n'as même pas le droit de le rêver. Pour moi, la Coupe de France se résumait à jouer contre des petits villages où nous étions dans la peau du gros. Là, tout s'est inversé. Et c'est inimaginable... »
Avant le match de Clermont, il avait déjà pris une semaine de congés (tant pis pour cet été) pour mieux se concentrer. A l'arrivée, le jour de son 28e anniversaire, Raphaël Martzolff avait inscrit le troisième but, celui qui donnait l'avantage à Schirrhein.
« C'était indescriptible. J'étais dans le brouillard. Je ne savais pas où le ballon était parti, seulement qu'il était allé en l'air, dit-il avant de sourire. Ce n'est qu'en revoyant mon but à la télé que j'ai vu qu'il était beau. C'est d'abord un plaisir égoïste avant qu'il devienne collectif. Je ne pouvais pas rêver plus beau cadeau. »
Il dit « avoir la chair de poule jusqu'en haut » quand il revoit les images du match et savoure les petits plaisirs.
« L'autre jour, j'ai lu les réactions d'Arsène Wenger et des entraîneurs de notre championnat dans le journal. Que des gens d'importance soient fiers de nous, c'est superbe. »
Lui, le calme de la bande, sage jusqu'au bout de ses doigts de pied, avoue (avec humour) avoir sombré dans la folie durant les jours qui ont suivi le match de Clermont.
« J'avais prévenu ma femme que mes nuits allaient être agitées. Je me suis parfois réveillé en sursaut. J'ai même fait un tacle à Nadia pendant mon sommeil, éclate-t-il de rire. Tout a changé depuis ce match. »
Il dit savourer d'avance celui de Toulouse. « Quand tu sais que des milliers de personnes vont faire du bruit, la fatigue disparaît. Tu peux continuer à jouer des heures et des heures. Tu te sens porté. Nous avons très peu de chances de passer, mais on se battra comme d'habitude. »
Et puis, quoi qu'il arrive « parce que le point final de cette aventure arrivera forcément », il redeviendra conducteur de travaux tous les jours, footballeur de passion le dimanche et les deux soirs d'entraînement.
Un footballeur d'Excellence marié à une femme qui pourra enfin s'endormir sans la crainte d'être taclée...

Commentaires

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"Chamakh" a répondu au sujet Message de soutien pour SCHIRRHEIN plus de 8 ans
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